Rencontre avec des ingénieurs du CNES à Kourou

Beaucoup d’étudiants des classes préparatoires se dirigent vers des études supérieures dans le domaine de l’aéronautique et de l’aérospatial. Cousin de l’ingénieur en aéronautique qui s'occupe essentiellement des avions, hélicoptères et autres véhicules volants, l'ingénieur en aérospatial s'occupe de la conception, du prototypage, de l'évaluation et de la maintenance de tous les engins envoyés dans l'espace : systèmes de communication, véhicules, aéronefs...

L'aérospatiale est une des spécialisations du métier d’ingénieur faisant le plus rêver, non loin de celle de pilote de l’air. De fait, le Proviseur et deux enseignants de seconde année de classes préparatoires du lycée Kléber ont jugé judicieux d’organiser une rencontre entre leurs étudiants et, peut-être, les acteurs de leur future vie professionnelle. Pour être efficace, cette rencontre devait se faire dans leur futur contexte professionnel, c’est-à-dire au centre spatial guyanais à Kourou.

F. Suffrin et D. Meier, professeurs de mathématiques et de sciences physiques ont donc longuement préparé un déplacement avec 28 étudiants de leur classe (MP2). Ce déplacement s’est fait du 18 au 25 octobre, période idéale en seconde année, puisqu’encore suffisamment loin des écrits de concours pour permettre (encore) une certaine sérénité et pendant des vacances scolaires, à deux jours près. De plus, les étudiants de classes préparatoires doivent réaliser un travail personnel de recherche autour d’un thème imposé, cette année le thème est « transport », c’est donc une parfaite occasion.

Il n’est pas impossible que certains riverains insomniaques de la rue J.Kablé ou de la place de Bordeaux aient vu déambuler des élèves du lycée Kléber vers 2H30 du matin ce jeudi 18 octobre. Tout ce petit monde s’en va, en bus, vers l’aéroport de Bale Mulhouse où les attend le vol AF7331 qui finira, après une escale imprévue d’une nuit en Martinique, à les déposer à Cayenne en Guyane. Quelques heures ap>rès leur arrivée, sur les hauteurs du site d’observation « Ibis » situé à 12 km du pas de tir d’Ariane V, au milieu d’une centaine de privilégiés, 28 étudiants strasbourgeois se préparent à assister au décollage de la fusée Ariane 5, avec à son bord, deux satellites en route pour la planète Mercure. Ce vol étant d’une importance scientifique majeure, les élèves sont très excités à l’idée d’assister à cet évènement. Le CNES nous accueille avec beaucoup de gentillesse et va jusqu’à mettre à notre disposition un bus particulier pour nos déplacements au centre spatial. Certains étudiants suivent le compte à rebours sur les écrans géants du site ou sur l’écran de leur téléphone portable.

C’est le décollage : On entend des cris de joie et d’étonnement ; Les yeux cernés et rougies mais rivés vers cette boule de feu qui s’élève lentement mais sûrement dans le ciel de la Guyane. Deux minutes trente de fascination et d’émerveillement, comme l’attestent bon nombre de photos. Ces minutes magiques resteront gravées dans les mémoires de tous. Beaucoup s’émerveillent par le bruit fait par les deux « boosteurs » de 270 tonnes de poudre qui propulsent la fusée.

Arrivent ensuite le samedi et le dimanche, deux journées dont les matinées ont dû être dédiés au travail scolaire pour rattraper les deux journées de jeudi et vendredi, classes prépa obligent ! Qu’il nous soit permis ici, de remercier l’Administration du Lycée Gaston Monnerville de Kourou qui nous a mis à disposition une salle climatisée pour permettre de faire cours dans de bonnes conditions. Le samedi après-midi, une visite au musée spatiale a été l’occasion de s’émerveiller devant la reproduction à l’échelle 1 du lanceur. Un scientifique ne peut rester indifférent devant la majestuosité de l’engin spatial !

Dans le musée, les élèves sont interpellés par la puissance des moteurs et les ordres de grandeur des caractéristiques des différents éléments qui entrent dans la constitution d’Ariane. L’univers d’ « Objectif Lune » d’Hergé est parfaitement reproduit. Le rêve se prolonge les lundi et mardi. L’accueil par le CNES et ses Ingénieurs est exceptionnel et très chaleureux : Nous souhaitons aussi remercier vivement le CNES qui nous a accueilli ces deux journées pleines. Les étudiants ont pu pénétrer dans le sanctuaire mythique que constitue ce lieu, la salle de contrôle dite JUPITER2. Ils y découvrent d’immenses écrans géants, de très nombreux ordinateurs et instruments de mesure, digne d’un décor de film de science-fiction. Les étudiants ont pu échanger, durant deux journées entières, avec les Ingénieurs du centre spatial. Ces échanges ont été extrêmement fructueux pour les étudiants et très appréciés par les professionnels qui nous ont confiés être très heureux d’avoir un public aussi captivé que dynamique. Beaucoup de thèmes étudiés en classe préparatoire ont été abordés. Le CNES a même invité les étudiants à déjeuner au restaurant pendant ces deux jours. Les Ingénieurs étaient à la table des étudiants, les questions techniques se poursuivent et des discussions sur leurs parcours professionnel et universitaire pour accéder à ces postes. Les après-midi de ces journées étaient constituées de visites passionnantes des chantiers de tir, des bunkers et des équipements Radar.

Ça y est, c’est déjà Mercredi et déjà l’heure de replier et de ranger les hamacs qui ont servi, pendant ces quelques jours, de lits de fortune. Il est temps de dire au revoir aux mygales qui nous ont accompagnées durant ces six nuits et de quitter le centre Kalawachi, centre amérindien où nous avons séjourné. Ce voyage a permis de faire découvrir les projets du CNES à des étudiants de classes préparatoires déjà très motivés par l’aéronautique et désireux d’acquérir un solide bagage en aérospatiale, tant d’un point de vue technique que professionnel. Ce projet a été un moyen d’amorcer un partenariat durable entre le Lycée Kléber et le CNES. Nous remercions très chaleureusement, toutes les personnes sans lesquelles ce projet n’aurait pas pu se faire.

F. Suffrin, D. Meier, Professeurs en Mathématiques Spéciales